Grand Site des Deux Caps - Le 18 Mai 2012 - 20h00
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Héritiers du bouleversement géologique de notre planète, les caps sont les petits frères des Alpes. Le Gris-Nez, plus âgé, courbe le dos sous le poids de ses 160 millions d'années.
Le Blanc-Nez, plus droit, plus fier, est né 70 millions d'années plus tard.
Véritable scène vivante de notre histoire nationale, le Grand Site des Deux-Caps a connu bien des moments phares.
Les abords du Fort d'Ambleteuse et de la dune de Slack ont par exemple vu défiler tour à tour les troupes de Jules César, de Louis XIV et de Napoléon Bonaparte, tous pris de désirs de conquête des côtes anglaises.
Les Allemands firent également du Grand Site l'une des scènes principales de la seconde guerre mondiale. Il compte en effet à lui seul 300 vestiges du Mur de l'Atlantique, édifiés pendant l'occupation allemande de 1940 à 1944.
Les fouilles archéologiques lancées dans le cadre de l'opération de sauvegarde sont une vraie aubaine pour les férus d'histoire qui pourront découvrir à loisir les vestiges conservés une fois les travaux achevés et les "Chemins de mémoire" créés.
Pour continuer à préserver et à mettre en valeur le Grand Site des Deux-Caps, le Département a entrepris une série d’aménagements, comme celui de transformer en parking semi enterré la parcelle du Mont d’Hubert en arrière du Blanc-Nez, sur la commune d’Escalles. Des fouilles ont été faites sur ce site par une équipe d’archéologues du Centre départemental d’Archéologie, sous la responsabilité scientifique d’un archéologue de l’INRAP. Des vestiges datés de 4 000 avant JC ont été découverts.
La fouille a permis de mettre en évidence un camp de hauteur délimité par un fossé barrant le sommet.
Vers 4 000 ans avant notre ère, les sociétés néolithiques à travers l’Europe érigent des systèmes d’enclos fermés par des fossés, des levées de terre et des palissades.
Le Mont d’Hubert occupe une position originale d’altitude. Il domine un vaste secteur dont le Cap Blanc-Nez et le détroit du Pas-de-Calais, qui offre dans un rayon de 30 km une vue dégagée sur les côtes anglaises et la plaine maritime (Dunkerque, monts de Flandre).
Les ressources naturelles sont nombreuses sur ce site (argile, silex, grès). Les communautés néolithiques ont su en tirer profit pour leurs activités quotidiennes :
La variété des vestiges retrouvés par les archéologues révèle que les habitants du Néolithique du Mont d’Hubert exploitent intensivement les richesses de leur terroir pour diversifier leur alimentation. Outre les ossements de bœuf, porc, mouton ou chèvre provenant du cheptel élevé par ces paysans une surprise attendait les archéologues : plusieurs centaines de litres de moules, patelles, coques et huîtres ont été rejetées dans le comblement du fossé. Ces coquillages ont été pêchés à proximité, remontés au Mont d’Hubert, préparés et consommés sur place.
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